Apaiser l’inquiétude légitime des quelque 9300 salariés de l’AFPA ?

Le 21 Novembre 2012 (un jour avant la grève), Les ministres Sapin et Repentin s’expriment devant la commission des affaires sociales du Sénat pour présenter le budget du ministère du travail.

Le ministre Repentin déclare au sujet de l’AFPA :

« Dès ma première réunion de travail avec Michel Sapin nous avons évoqué le dossier de l'Afpa. La formation professionnelle est en effet une partie importante de la politique de l'emploi et l'Afpa est un des acteurs majeurs pour la formation des demandeurs d'emploi. Nous avons apporté à l'Afpa une subvention de 20 millions d'euros cet été et, en votant le texte sur les emplois d'avenir, vous nous avez permis de lui allouer 20 millions d'euros supplémentaires pour les prestations que l'Etat lui avait demandées mais qu'on ne pouvait lui payer faute de support législatif. Au-delà de ces 40 millions d'euros, le nouveau président, Yves Barou, a pour mission de préparer un plan de refondation sur la période 2013-2016, qui se déploiera sur trois axes : redresser les finances de cette association, qui n'est pas, je le rappelle, une agence de l'Etat, développer son activité

en retissant du lien avec les donneurs d'ordres et transformer son modèle pédagogique. Dans ce cadre, l'Etat est sollicité sur trois plans. D'abord, contribuer à la recapitalisation, qui est en réalité une capitalisation puisque l'Afpa n'a pas de fonds propres, afin de redonner à l'Afpa la capacité d'emprunter et d'investir pour son avenir, notamment à travers la souscription de titres associatifs. L'ordre de grandeur de 200 millions d'euros, que vous avez évoqué, me semble réaliste et nous devrons préciser ce montant début 2013. Ensuite, faire évoluer le statut de son patrimoine : il n'appartient pas à l'Afpa, ce qui ne facilite pas sa modernisation ni son adaptation aux besoins de l'activité. Maintenir, enfin, le niveau des subventions qui étaient apportées à l'Afpa à 87 millions d'euros : c'est un signe de confiance que nous lui donnons. Nous réfléchissons aussi à l'émergence d'un service d'intérêt économique général au bénéfice des publics les plus éloignés de l'emploi : cette solution, compatible avec le droit européen, pourrait trouver sa place dans le texte nouveau sur la décentralisation qui sera présenté au Parlement en 2013. Quoi qu'il en soit, l'Etat a la ferme volonté de maintenir cet outil : dites-le autour de vous, afin d'apaiser l'inquiétude - légitime - qu'ont pu ressentir les quelque 9 300 salariés de l'Afpa. »

 

Plusieurs points importent :

Le ministre présente le plan Barou comme celui-ci l’a présenté au CCE :

- un plan de redressement des finances de l’AFPA (qui n’est pas, précise le ministre, une agence, c'est à dire qui n’est pas de la responsabilité de l’Etat, faut-il comprendre),

- un plan de développement de l’activité qui passe par un retissage des liens avec les donneurs d’ordres (et non par des missions confiées par l’Etat de formation des demandeurs d’emploi en ces temps de croissance exponentielle du chômage...)

- enfin un plan de transformation du modèle pédagogique. (L’Etat avalise-t'il ainsi la disparition de la formation qualifiante?).

Dans ce cadre, poursuit le ministre, l’Etat est sollicité sur 3 plans : souscription de titres associatifs pour capitaliser l’AFPA (avec un prêt de 200 M€ et 130 M€ de pertes cumulées, à quel prix l’AFPA va-t-il pouvoir investir ?), évolution du patrimoine, maintenir le niveau de subventions à 87 M € (niveau garanti pendant 5 ans ?). Autre piste évoquée : l’Etat réfléchit à l'émergence d'un service d'intérêt économique général au bénéfice des publics les plus éloignés de l'emploi, service qui toutefois devrait concerner peu de monde, nous avait dit le président Barou au CCE du 28/11.

Dans ce cadre, dit le ministre : dans le cadre du plan Barou, ce qui veut dire :

1) que l’Etat ne se sent pas du tout responsable de l’AFPA et des coups qu’il lui a portés,

2) qu’il interviendra à condition que ce plan soit appliqué, avec ses fermetures de centres et ses réductions d’effectifs, etc.

Enfin le ministre nous apprend que « nous devrons préciser le montant début 2013 ».

Or le conseiller social du 1er Ministre nous a annoncé le 22 Novembre, soit un jour après l’audition des 2 ministres, que la décision serait prise avant la fin 2012.

Pourquoi cette divergence ?

Elle risque de ne pas « apaiser l’inquiétude légitime des quelque 9300 salariés de l’AFPA» !

Cahier revendicatif Solidaires

cahier revendicatif Solidaires

SudFPA RSS

"Le système néolibéral  affaiblit progressivement le pouvoir politique (démocratie), au profit du pouvoir économique et financier (oligarchie). En favorisant ainsi le pouvoir de l'argent, on enlève au peuple toutes possibilités d'actions sur son destin. La démocratie devient virtuelle."
 
Syndicat SUD FPA Solidaires - Tour Cityscope, 3 rue Franklin -  93100 Montreuil -  01 48 70 52 18
2012 - Développé avec Joomla et BC
Free business joomla templates