AFPA : la direction raconte de belles histoires à dormir debout

Les salariés de l’AFPA le savent, un plan d’entreprise radical devrait nous tomber dessus avant la fin de l’année 2018. Au menu, des fermetures de centres, de GRN, l’externalisation à grande échelle de l’hébergement, voire de la restauration, la réingénierie de tous les métiers de production et d’appui, une mobilité professionnelle ou géographique contrainte, des licenciements ?

Toutes les entreprises font accompagner leurs plans de restructurations de « conduites de changement » et de techniques de manipulation des salariés pour qu’ils cautionnent les destructions. Les salariés sont transformés en acteurs du système qui va les malmener.

L’AFPA n’échappe pas à ce lieu commun du management et comme le dit un document adressé au CCE, «  la direction générale souhaite mettre en œuvre une dynamique de contribution des salariés sur différentes actions à conduire pour mettre en œuvre le plan de transformation de l’entreprise, traduit à ce stade dans les orientations stratégiques. »!

Un questionnaire sur AGORA

Pendant toute la 1ère semaine de juillet, les salariés ont pu répondre en ligne à un questionnaire configuré selon leur catégorie hiérarchique (Directeurs, Managers et autres, c’est-à-dire les sans grade)…Après 6 relances de la direction sur la messagerie interne (Partagez votre vision de l’AFPA2022) 996 salariés ont répondu et 112 d’entre eux vont participer à un séminaire de synthèse prévu le 12 juillet.

Ces « verbatim », sur la base de questions bien orientées, notamment pour le métier de formateur, vont servir à confirmer les orientations stratégiques (peut-être faudra-t-il d’ailleurs saupoudrer quelques expressions divergentes pour que ça fasse plus vrai !) : dans le style : ce sont les salariés qui le disent et qui le veulent !

L’intoxication a déjà commencé. Voici quelques exemples de réponses qui sont déjà présentés sur Agora, classés selon les trois rubriques du questionnaire AGORA.

1) Le formateur demain ?

. « Il faut permettre aux formateurs d’accompagner l’intraprenariat, d’incuber les stagiaires, de développer des labs régionaux » - « Il faut faire évoluer le métier de formateur vers celui de pédagogue » - « Ce sont les entreprises qui sont les employeurs – ne pas les accompagner, les ignorer, conduit à être éloignés des réalités et diminue les chances d’insertion des apprenants », etc…

  • Incroyable cette manière jargonneuse, cette manière de donner des leçons sur les métiers que les salariés exercent depuis un bon moment, cette manière de faire du « social » avec des entreprises qui en ont tellement besoin…

2) L’accompagnement des parcours demain ?

« Réaliser des entretiens individuels réguliers pour s’assurer du bon déroulement de la formation, tant au plan pédagogique que social » - « Il faut mettre en place une relation positive et valorisante » - « Il faut lever les freins périphériques à l’emploi : mobilité géographique, logement, santé, numérique, garde d’enfant, difficultés financières et administratives », etc…

  • Incroyable cette manière de réinventer l’eau tiède de ce qui a existé à l’AFPA et qui a été méthodiquement et systématiquement cassé par un environnement externe mais aussi interne : la possibilité d’aller se former n’importe où sur le territoire national, la possibilité d’être hébergé partout pour une formation à l’AFPA, un dispositif préparatoire très important, une restauration collective assurée dans tous les centres, des espaces ressources emploi, le travail des assistants socio-éducatifs, les interventions des psychologues pendant la formation, les visites médicales des stagiaires dans les centres, les permanences dans les centres de professionnels du social ou des conventions avec ceux-ci…

3) Les centres espaces ouverts ?

« Imaginer les plateaux comme des ateliers d’artisans avec des horaires d’ouverture, voire des productions à vendre » - « Pour introduire d’autres opérateurs au sein des centres (accompagnement social, jeunes entrepreneurs, entreprises, associations spécialisées) » - « Gagner sur notre capacité à compenser les pertes de CA par des montages impliquant des partenaires, là où ils apportent un complément utile (financier et organisationnel) à nos propres capacités de vente et réalisation », etc…

  • Incroyable cette manière de refaire l’AFPA qui avait des moyens à la hauteur de ses missions, mais en l’ouvrant maintenant à tous, sans réserve déontologique, faute de ressources à la hauteur de ses missions, comme si l’AFPA devait être privatisée pour pouvoir être encore un service public, comme si l’AFPA pouvait se présenter comme étant un pivot du développement territorial local, comme si un axe de développement des « partenaires » était d’apporter « un complément utile » à l’AFPA… Somme toute une manière d’amorcer des partenariats privé/public qui la plupart du temps coûtent très chers à l’Etat, ici à l’AFPA !

Quelle participation ?

Pour les orientations stratégiques comme les expressions conditionnées sur Agora, c’est toujours la même prescription déconnectée du réel.

La participation, c’était il y a plus d’un an qu’elle devait avoir lieu et c’était au CCE. La participation du personnel de terrain et du management intermédiaire pour l’élaboration des « plans stratégiques régionaux » en 2017, qui devaient préparer les « orientations stratégiques », n’a pas eu lieu, alors que la direction générale dit que les orientations s’appuient sur cette démarche participative. Ces orientations sont maintenant validées par le conseil d’administration !

Qui peut penser que les contributions ne soient pas autre chose que de la « déco » ?

Participer à la grand-messe du 12 juillet, c’est accepter de se faire instrumentaliser. Mais participer aux réunions syndicales, AG, sur vos sites c’est permettre qu’une expression démocratique puisse être entendue et portée.

Invité comme les autres organisations syndicales à participer à la grand-messe, SUD FPA Solidaires ne s’y rendra pas.

Cahier revendicatif Solidaires

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