"1550 suppressions de postes", l'Afpa choisit la stratégie du choc

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Après une interminable attente, les premières annonces d'un plan de restructuration sont tombées en fin de semaine dernière. Ce sont des mesures d'économies bien plus massives que prévues qui menacent nos emplois. Alors que deux lourds pavés d'information étaient envoyés aux membres du CCE et des CRE, les salariés étaient déjà la cible d'un plan de communication pré-orchestré. 

Au stress de l'attente succède le choc des chiffres et la promesse de profond bouleversements. Une nouvelle fois la direction de l'Afpa élabore en vase clos la solution à ces déboires.


Nulle part il n'est question pour notre direction de remettre en cause les véritables raisons de la chute de l'Afpa : mise en concurrence destructive de la formation professionnelle, fragmentation et versatilité des politiques régionales.
A travers les projets de suppression de postes et les changements d'organisation, c'est une nouvelle fois aux salariés que l'on présente l'addition. Cette stratégie continue de sacrifier la qualité des services de l'Afpa et promet de nouvelles pressions sur les conditions de travail.

Cette fois, c'est la bonne ils ont tout prévu !

plan-im02Les documents distribués au CCE et aux CRE listent dans le détail le projet d'organisation. On a pensé à tout, c'est ce que s'efforcent de nous faire croire nos chefs. Une lecture détaillée met à jour nombre d'approximations et de contradictions. Au-delà des ces erreurs, c'est la méthode employée qui inquiète. Plus que jamais l'Afpa continue d'élaborer ses projets du haut de ses donjons nationaux et régionaux sans les confronter aux experts du terrain. A la manière des divers plans précédents et de leurs échecs, la hiérarchie jalouse de son pouvoir continue de travailler en solo sans que les salariés du terrain n'aient eu leur mot à dire.

Je ne sais rien mais je dirai tout

Peu après que se soient tenus le conseil d'administration et le CCE  les directions locales ont rapidement convié le personnel à des réunions d'information. A la stupéfaction des salariés, les chefs y affirmaient ne rien savoir sur les décisions qui avaient été prises. Une situation ubuesque alors que dans le même temps la presse précisait les suppressions de postes et les fermetures de centres.
Devant ce mauvais théâtre, chacun s'interrogeait, nos chefs sont-ils idiots ? Nous prennent-ils pour des imbéciles ? Quel sens donner à cela ? Prisonniers d'un sketch scénarisé plus haut, les directions disaient ne pas savoir quoi répondre aux salariés qui les confrontaient à la réalité des informations. De fait c'est la même comédie orchestrée par des gourous médiatiques qui se jouait simultanément sur toutes les scènes Afpa de France et de Navarre.

Attention au projet Afpa low-cost  et toxique pour les salariés

Assommés par le coup porté, inquiets à l'idée d'être écartés ou des difficultés à s'adapter, il devient difficile de réagir. Sidérés par le poids des informations, anesthésiés par nos craintes, on peut être tentés de rester silencieux ou même d'accepter faute d'alternative le changement imposé.
Pourtant à y réfléchir, nous aurions chacun notre mot à dire sur les moyens de mieux travailler et de développer un système de formation de qualité. Les observateurs ne s'y trompent, comme l'écrit Michel Abhervé d “Alternatives économiques”  sur son blog (1) : “on va vers "une formation "low cost" dispensée par des formateurs se déplaçant avec leur caisse à outils. Quelle méconnaissance de ce qui est nécessaire pour assurer une formation de qualité, qui nécessite des plateaux techniques performants !" On ne saurait mieux dire

Mieux vaut s'exprimer que de se taire

Pourquoi l'Afpa et son personnel sont-ils seuls désignés coupables dans ce procès de la rentabilité où les responsabilités politiques ne sont jamais explorées ? Pourquoi systématiquement est-ce à nous salariés d'en subir les conséquences ? Consciencieux, motivés par notre travail dès lors qu'il conserve son sens, nous n'avons  pas à subir cela.
Nous ne sommes pas responsables de cette situation. C'est la rage intériorisée qui  mène à la dépression et au burnout. Plutôt que de nous taire et d'accepter sans sourciller, mieux vaut exprimer notre colère et nous opposer à un plan qui éloigne l'Afpa des territoires et qui renonce à un système de formation de qualité.

Il est temps de réagir

plan-im03Il n'est pas trop tard pour s'opposer à ce plan de restructuration faussement baptisé "plan de transformation de l'Afpa". Non L'Afpa ne fonctionnera pas mieux avec des moyens réduits, au contraire le droit égalitaire des citoyens à des formation de qualité sera dégradé tout comme les conditions de travail des salariés de l'Afpa.
Depuis les annonces de fermeture du 18 octobre, l'incompréhension et la colère s'expriment à travers de nombreuses réactions. En région Centre, en Bourgogne Franche Comté, dans les Hauts de France, les élus interpellent le gouvernement sur l'abandon de leurs territoires. Les citoyens réagissent sur les réseaux sociaux et une pétition réclame le maintien du centre d'Istres. Ces mouvements contraignent la direction à se confronter au terrain pour négocier.

 

 

Poussés vers la sortie ou tenus d'accepter des conditions de travail dégradées et la perte de sens de celui-ci, nous sommes tous concernés.
L'avenir de l'Afpa doit se construire avec les salariés et non contre eux.

 

"Non aux fermetures, zéro licenciement !
Tous en assemblées générales pour organiser la mobilisation générale !"

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