Thierry Repentin parle de la liquidation de l’AFPA : »Six mois après son entrée au gouvernement, Thierry Repentin veut aller jusqu’au bout »

Publié sur ledauphine.com le 22/12/2012

On le dit chouchou de Jean-Marc Ayrault. « Avec Michel Sapin, ils forment un duo d’enfer », avait confié le Premier ministre aux journalistes, il y a quelques semaines.

Thierry Repentin balaie le compliment d’un sourire. Le ministre savoyard souffle aujourd’hui ses six mois au ministère délégué à la Formation professionnelle et à l’Apprentissage, où il gère un budget annuel de 32 milliards d’euros. C’est dans son département qu’il dresse un premier bilan.

On vous a confié un poste ministériel qui n’était pas logiquement de votre compétence. Comment l’avez-vous appréhendé ?

« Très vite. À peine nommé, je devais animer une table ronde à l’occasion de la grande conférence sociale qui s’est tenue à l’Élysée. Et surtout, j’ai hérité d’un dossier brûlant et très urgent, où 9 300 emplois étaient menacés : l’Afpa (Association de formation professionnelle pour les adultes, NDLR). »

Justement, l’Afpa, présente dans tous les départements, va-t-elle survivre ?

« Nous nous y employons. Avec l’ouverture du marché de la formation professionnelle à la concurrence, cette structure est en grand danger et elle a subi d’importantes tentatives de déstabilisation ces dernières années. La moitié des enveloppes qu’elle présente n’est aujourd’hui pas traitée. Le 20 janvier, le tribunal de Bobigny statuera sur la liquidation de l’entreprise. Nous allons tout faire pour éviter des licenciements, même si ce n’est pas gagné. L’État va participer au capital, utiliser des baux emphytéotiques pour les locaux et faire en sorte que la structure reste l’organisme de référence des demandeurs d’emploi et des salariés. »

Où en sont les emplois d’avenir et les contrats de génération ?

« 100 000 jeunes de 16 à 25 ans auront bénéficié des emplois d’avenir, pour les jeunes en difficulté, en 2013, dont 7 200 en Rhône-Alpes et 300 en Savoie. Le texte sur les contrats de génération, qui incite les entreprises à recruter un jeune tout en conservant un senior, va être voté le 14 janvier, pour permettre, je l’espère, de lancer les premiers contrats au printemps. Je vais ainsi pouvoir parler de ces deux mesures en même temps, dans le cadre du tour de France que j’ai entrepris pour la promotion des deux textes. C’est mon service après-vote. »

En Savoie, vous suivez de très près l’avenir de Rio Tinto. Où en est-on ?

« Je vois Arnaud Montebourg tous les 15 jours à ce sujet et je suis en effet associé aux négociations entre l’État, EDF, les syndicats et la direction de Rio Tinto. Une prochaine réunion est prévue au ministère, avec les syndicats, le 15 janvier. On le sait maintenant, Rio Tinto va partir avec ou sans reprise. Mais le groupe n’a pas envie d’être mis dans la situation de Florange. Ce n’est pas bon pour son image de marque. Or, contrairement à Florange, nous avons plusieurs repreneurs potentiels. Je suis très optimiste car certains vont être suivis par le FSI (Fonds stratégique d’investissement, NDLR). Mais pour y arriver, nous devons absolument éviter de médiatiser les négociations. Je pense que tout sera bouclé au premier trimestre 2013. »

Et Camiva ?

« Tout le monde a joué le jeu. On ne pouvait pas tracer un trait sur 171 salariés. 45 sont maintenus à Chambéry. Et le préfet de région suit de près la réindustrialisation du site. Une cellule, pilotée par l’État, a déjà identifié plusieurs entreprises qui cherchent à se développer en Rhône-Alpes, notamment dans l’automobile et les matériaux composites. Cette réindustrialisation pourrait permettre la création de 152 emplois durables. »

par Sylviane GARCIN le 22/12/2012

http://www.ledauphine.com/politique/2012/12/21/l-emploi-et-les-jeunes-sont-mes-priorites