220 millions sur cinq ans et des baux emphytéotiques : l’Etat se mobilise pour l’Afpa

Publié sur localtis.info le 15 janvier 2013

Jean-Marc Ayrault a annoncé le 14 janvier 2013 à l’occasion d’un déplacement à Caen que l’Etat allait débloquer cette année 110 millions d’euros pour venir en aide à l’Association nationale pour la formation professionnelle des adultes (Afpa). 110 millions d’euros seront à nouveau consacrés à l’association sur les années 2014-2017. Des baux emphytéotiques seront également signés entre l’Etat et l’Afpa, permettant à l’association de mieux gérer et développer, dans la durée, ses locaux.

Les salariés de l’Association nationale pour la formation professionnelle des adultes (Afpa) vont pouvoir respirer. Jean-Marc Ayrault, Premier ministre, a annoncé le 14 janvier 2013, à l’occasion d’un déplacement à Caen, que l’Etat allait débloquer, dès 2013, 110 millions d’euros pour venir en aide à l’association.

L’Afpa, qui forme chaque année environ 160.000 salariés ou demandeurs d’emploi, est en grave difficulté depuis 2009, date de l’ouverture à la concurrence du marché de la formation. Le transfert de la commande publique aux régions et le départ de 900 psychologues du travail vers Pôle emploi a aussi mis l’association en difficulté. Fin 2012, son déficit atteignait presque 75 millions d’euros. Pour remédier à cette situation, son nouveau président Yves Barou, a présenté, le 15 novembre 2012, un plan de refondation prévoyant notamment une économie de 102 millions d’euros via 480 nouveaux départs volontaires, principalement au siège de l’association. Le président de l’Afpa mentionnait aussi son souhait d’obtenir de l’aide de la part de l’Etat, à travers une recapitalisation à hauteur de 200 millions d’euros. Les dirigeants de cinq organisations syndicales (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC) avaient demandé le 12 décembre l’intervention de l’Etat pour sauver l’Afpa.

Le gouvernement a donc répondu favorablement à leurs attentes. « Alors que le gouvernement précédent, par impréparation, laissait mourir l’Afpa à petit feu, mon gouvernement s’est mobilisé », a affirmé Jean-Marc Ayrault le 14 janvier. 110 millions d’euros seront dans un premier temps débloqué pour l’année 2013, et 110 millions d’euros seront à nouveau réservés à l’association pour la période 2014-2017. Au total, l’Etat espère réunir, avec les partenaires qu’il a promis de rassembler, notamment les conseils régionaux et les banques, un total de près de 430 millions d’euros. Une somme qui permettra à l’Afpa de « financer sa refondation et de procéder aux investissements qui permettront la remise à niveau de son patrimoine », a précisé le Premier ministre, qui s’est engagé à ce qu’il n’y ait pas de suppressions d’emploi ou de licenciements économiques au sein de l’association.

« Une journée historique pour l’Afpa »

Pour Yves Barou, « il s’agit d’une journée historique pour l’Afpa qui est ainsi pour la première fois de son existence dotée de fonds propres ». Même satisfaction côté syndicats. « Il s’agit là d’un pas important dans la bonne direction, celle d’une sécurisation de l’Afpa, signale dans un communiqué du 15 janvier la CGT Afpa, l’association va enfin pouvoir consacrer ses efforts, sa créativité et son inventivité à la construction de projets d’avenir au service des demandeurs d’emploi, des salariés et du pays. »

Le geste du gouvernement témoigne aussi de la forte mobilisation conduite par le nouveau président. « Il y a eu un gros travail de fait pour la refondation de l’Afpa, et Yves Barou a mené cela de main de maître, se réjouit Jean-Paul Denanot, président de la région Limousin et président de la commission formation professionnelle à l’Association des régions de France (ARF), il a réussi à convaincre les partenaires sociaux qu’il fallait refonder l’association. » Mais Jean-Paul Denanot estime aussi qu’il ne faut pas s’arrêter là. « L’Afpa doit être plus réactive, notamment en matière d’accueil des demandeurs d’emploi. Entre le moment où les demandeurs d’emploi s’inscrivent pour un stage et le moment où ils sont formés, il y a de la perte en ligne, car les stages sont programmés à l’avance. Il faut favoriser un accueil individualisé, et éviter cette perte de temps, qui démotive les stagiaires. »

Autre décision du gouvernement : la signature dans les premiers mois de l’année d’une première vague de baux emphytéotiques entre l’Etat, qui possède aujourd’hui la plupart des 200 centres, et l’Afpa. Ces baux, qui sont de longue durée, confèrent au preneur un droit réel sur les locaux. L’Afpa va ainsi pouvoir, moyennant une redevance modique, jouir du bien immobilier dans la durée et ainsi mettre en place une meilleure gestion et développer ses infrastructures (centres de formation, restauration, hébergement…).

Emilie Zapalski

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