Afpa : Sud-FPA dénonce « l’aumône » promise par Jean-Marc Ayrault

Article paru dans le quotidien de la formation :

L’enveloppe de 110 millions d’euros promise à l’Afpa par Jean-Marc Ayrault et Thierry Repentin lors de leur déplacement caennais du 14 décembre dernier a été qualifiée « d’aumône » par Sud-FPA.  « Une aumône », donc, « qui ne compense pas les subventions qui ne sont plus versées par l’État et les Régions à l’Association depuis 2009 », à en croire François Duval, délégué syndical central Sud de l’Afpa, joint par le Quotidien de la formation lundi 21 janvier. « Par ailleurs, même si le montant de l’aide peut sembler important en valeur absolue, il ne correspond, en réalité, qu’à 45 jours de fonctionnement » estime l’organisation syndicale qui évoque une politique de « soins palliatifs » là où selon elle, « l’Afpa aurait besoin d’un électrochoc ».

 

Concurrencer le privé ? Irréaliste.

Et Sud-FPA d’ajouter : « en outre, cette somme n’est pas accompagnée d’une commande de l’État pour la formation des chômeurs. Ce n’est qu’un moyen de faire face à la concurrence à laquelle est soumise l’Afpa depuis ces dernières années ».

Une concurrence à laquelle l’Association n’est pas préparée, aux yeux de François Duval. « Il est irréaliste de penser concurrencer les organismes privés sur leur domaine, comme le prévoit le plan de refondation d’Yves Barou. D’une part parce que l’Afpa ne dispose pas de la culture d’entreprise nécessaire et, de l’autre, parce que notre activité consiste à former sur des métiers et non de fonctionner en termes d’adaptation des salariés à leur poste de travail. Cette logique de développement de compétences quasi-jetables ne fait pas partie de la culture de l’Afpa ».

 

Des conventions inter-régionales non-actées

Mais si le syndicat ne se montre pas enthousiaste face au geste de Jean-Marc Ayrault, c’est aussi parce qu’il juge que celui-ci « confirme sans le dire son désengagement quant à sa responsabilité dans la résorption du chômage. En renvoyant aux partenaires sociaux, aux entreprises et aux conseils régionaux le soin de passer des appels d’offres à l’Afpa ». Une situation susceptible de « rompre l’égalité des citoyens en termes de droit et d’accès à la formation ». François Duval en voit pour preuve le non-respect des règles éditées relatives à la circulation des stagiaires pourtant édictées par l’Association des Régions de France (ARF) : « Les Régions avaient le devoir de passer des conventions entre elles pour permettre aux apprenants de pouvoir bénéficier des formations dispensées par l’Afpa sur tout le territoire… concrètement, très peu l’ont fait. Et, de fait, il est aujourd’hui quasiment impossible à un stagiaire francilien d’aller se former dans un centre situé en Provence, par exemple ». Sud-FPA dénonce ainsi «  certains Conseils régionaux » qui « refusent absolument l’inscription d’adultes et a fortiori de chômeurs dans les formations qu’ils financent dès lors que ceux-ci ne sont pas des ressortissants de leur territoire. Aujourd’hui, seuls les ultra-marins disposent encore d’un parcours de formation financé par l’État… pour le citoyen métropolitain, cette acceptation sera liée au bon vouloir de tel ou tel conseiller régional, sur des critères qui, de plus en plus, seront différents en fonction des Régions ». Pour l’heure, les délégués de Sud-FPA n’ont pas encore rencontré les représentants de l’ARF pour évoquer le sujet, bien que cela fasse partie de l’agenda prévisionnel de l’organisation syndicale.

Fidèle à sa réputation d’intransigeance, Sud réclame donc un retour de l’Afpa dans le giron de l’État, à l’image de ce qu’était l’Association avant 2009. « L’Afpa doit redevenir l’outil étatique dans sa politique de qualification des demandeurs d’emploi dans le cadre de sa mission de service public ».