« Pour subsister dans un marché, l’association modifie son fonctionnement : L’Afpa mise sur la proximité »

Publié sur le jsl.com le 05/02/2013

Depuis le 1 er janvier 2010, l’Afpa (Association pour la formation professionnelle des adultes ) n’est plus sous le régime de la subvention et est soumis aux appels d’offres et à la concurrence.

Dans le même temps, il n’y avait plus de directeur de centres. Autant d’éléments, entre autres et avec de grosses difficultés financières remettant en cause l’avenir même de l’association, qui ont conduit au mouvement social d’octobre dernier.

L’Afpa a alors mis en place sa « refondation ». Un projet qui a été validé par le discours du Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, à la mi-janvier lors de la visite du site de Caen, avec notamment un « investissement de 110 millions par an jusqu’en 2017. »

L’Afpa a besoin de 900 millions par an pour fonctionner correctement (environ 20 millions en Bourgogne), deux tiers venant des marchés publics.

Trois axes

Un plan que va mettre en place à Montceau, site départemental, le nouveau directeur Pascal Philippe. « Il tient en trois axes.

En premier lieu, une transformation du modèle pédagogique : on doit pouvoir pendre des stagiaires en entrée décalée dans l’année et faire un accompagnement individualisé, s’adapter aux besoins de chacun. On est un organisme de formation qualifiante mais on doit démontrer notre utilité sociale. Le deuxième axe est un développement de notre activité, en étant au plus près des entreprises, avec des stages de longueurs différentes, de validation des acquis de l’expérience (VAE). Le troisième axe est le redressement financier : historiquement, l’Afpa a misé sur ses formateurs, d’anciens professionnels qui forment les professionnels de demain, et 90 % d’entre eux sont en CDI. Mais on n’a pas de commandes pour tous, tout le temps. »

75 % des charges de l’Afpa sont ainsi salariales (environ 9 000 employés en France, une quarantaine à Montceau). « On mutualise les moyens, on gratte sur les 25 %, sur l’utilisation et le chauffage des locaux. Ainsi, est-ce qu’il est opportun de maintenir une antenne à Chalon où on utilise 600 de nos 3000 m² ? » Des locaux qui appartiennent à l’État et qui, dans le cadre de la « Refondation » devraient être cédés via des baux emphytéotiques, ce qui permettrait une meilleure gestion des plateaux techniques. « Car on investit sur les mêmes machines que les entreprises, pour apprendre le geste professionnel. Et cela a un coût », insiste Pascal Philippe qui résume la « refondation : se recentrer sur le stagiaire ».

L’Afpa de Montceau accueillera dans les prochaines semaines le site départemental de l’école de la deuxième chance.

par Cyrille Coutenceau

http://www.lejsl.com/edition-de-montceau-les-mines/2013/02/05/l-afpa-mise-sur-la-proximite