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Le journal de SUD en PACA septembre octobre 2016

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 L’Edito de SUD

Avis de tempête sur les salariés de l’AFPA

Des conditions de travail qui se dégradent à la vitesse de la lumière : des formateurs(trices) à qui on impose plusieurs groupes en même temps, mais aussi les collègues CDD et intérim qui n’ont pas de formation pédagogique, une gestion administrative de plus en plus envahissante, des managers aux abonnés absents, des congés remis en cause pour raisons de service, la perte de sens de nos métiers, des assistantes techniques noyées sous une avalanches de logiciels, une pression constante pour rattraper les retards dus à une informatique défaillante, des ordres et des contre ordres…. Des interrogations quant à l’avenir… Pas de panique, l’EPIC Nique arrive !!!

CRE Septembre/Octobre

Pas grand-chose à retenir du CRE extraordinaire et ordinaire de septembre… Intronisation de notre nouvelle directrice régionale, transfuge de l’ex Conseil Régional, et (faux) départ de JL Le-Clech (toujours présent en PACA œuvrant pour des missions nationales)…. Sinon, on ne sait pas où on va, le nouveau CR est en audit, l’appel d’offre, si appel d’offre il y a, arrivera courant 2017…. Mais ce ne sera plus pareil, il va falloir réduire « la voilure » sans toucher aux boulets (Cf tract Sud l-afpa-traine-un-boulet-sa-hierarchie)

Technique de manipulation classique : répandre un sentiment d’insécurité pour faire passer le message via les OS auprès du personnel et le préparer à accepter le pire… nous ne sommes pas dupes ! Ne comptez pas sur nous pour faire le sale boulot !

Message relayé par les directions de centre… On doit s’adapter ??? Mais encore ?? A quoi doit-on s’adapter, il n’y a pas de directives précises pour l’instant. Travailler différemment ?? Comment ?? Avec quel moyen ?? Faire du modulaire ?? Pour quel public, dans quels objectifs ??? Effet d’annonces mais aucune réponse à nos questions. Quand nous pressons la direction de nous dire comment pallier à la baisse de commandes de la Région, c’est silence radio….

Entre-temps, nous avons appris que le CRFP s’arrêtait définitivement et que l’appel d’offre du Conseil Régional ne serait pas lancé avant dernier trimestre 2017 pour un démarrage en 2018…..

Nous regrettons fortement la fin du CRFP. Voilà un bel exemple de partenariat entre organismes de formation à destination des demandeurs d’emploi les moins qualifiés.

Il est cependant demandé d’apporter notre contribution au contrat de plan régional de développement des formations et de l’orientation professionnelle (CPRDFOP).

Les grandes lignes : répondre aux besoins des entreprises, individualiser les formations, développer la formation numérique, proposer des parcours plus courts (modules), intégrer l’apprentissage, expérimenter des nouveaux métiers dans l’écoconstruction et les métiers verts, élever le niveau de qualification (du niveau IV au niveau II) mais continuer à proposer un peu de niveau V (tout de même !!), mettre à disposition ses services d’ingénierie et de formation à tous les pôles régionaux (on brade nos outils et notre savoir-faire), développer la VAE collective…. On ne parle plus beaucoup de formation longue ni de certification. Par contre, on veut bien faciliter l’accès à la certification du plus grand nombre en développant des pôles de certification tous ministères (à l’exception de l’Education nationale)…. En gros, voici les axes proposés pour bénéficier d’un futur appel d’offres.

Aux oubliettes la vocation de l’AFPA de former les personnes les plus éloignées de l’emploi. Oublier l’apprentissage d’un métier dans sa totalité. Un seul but, l’employabilité des bénéficiaires à travers des actions courtes ne portant que sur la maîtrise d’un ou deux gestes professionnels.

Adaptabilité, réactivité et flexibilité…. Danger !!

Nous serons très vigilants aux effets sur l’accès des personnes les moins qualifiées à la formation qualifiante, les conditions de travail des formateurs et du personnel d’appui, à la qualité exigée par le décret du 30 juin 2015 sur la formation professionnelle continue.

Nous allons enfin pouvoir mesurer l’efficience de notre équipe dirigeante… Qu’elle trouve des partenariats, qu’elle réponde enfin à tous ces appels d’offre laissés de côté ou donnés à d’autres parce que pas assez « bankable », qu’elle fasse preuve d’imagination…. Et surtout qu’elle n’ait pas qu’une seule variable d’ajustement, la masse salariale.

Quant à l’EPIC….. Il nous nique !

epicmartinique

Voir l’article suivant concernant l’AFPA Martinique

http://la1ere.francetvinfo.fr/martinique/afpa-liquidee-130-salaries-carreau-407747.html« >mailto:http://la1ere.francetvinfo.fr/martinique/afpa-liquidee-130-salaries-carreau-407747.html

  • Cannes 

Le projet de reconstruction du centre tombe à l’eau… Un des partenaires, organisme d’investissement, est invalidé… Cet organisme investit dans la recherche pas dans la pierre ! Qui a finalisé ce projet ?? D’après JL Leclech au CRE de septembre, tout allait bien, le projet était bordé, aucun souci à se faire…. Sans commentaire !!!

Visite de la nouvelle DR, Christelle Prioux-Vidal, qui s’est voulue rassurante sur l’avenir du centre. Elle a rencontré les IRP (Sud et FO) pour discuter de la situation : non remplacement de 6.5 postes CDI, état du centre etc… aujourd’hui le centre compte 26% d’emplois précaires. Elle va étudier la situation avec le DRH et s’engage à revenir régulièrement pour échanger avec le personnel.

Elle souhaite représenter le projet de reconstruction dans le 1er semestre 2017. Pour ce faire, il faudrait déjà retrouver un autre partenaire.

  • Marseille St Jérôme

Le 27 octobre, 10 migrants soudanais ont été accueillis au centre en provenance de Calais. Les moyens mis en place par l’Etat sont mobilisés : 18 chambres rénovées, suivi médical assuré et apprentissage du français.

Plus d’un quart de salariés précaires : 

Fin septembre, le centre comptait 68 salariés dont 18 CDD, soit 26,5% du personnel.

La précarité de l’emploi est devenue inquiétante. Elle est aussi financière : la quasi majorité de ces salariés travaillent plus de 35 heures par semaine avec des heures supplémentaires non payées !

Avec les bas salaires, la pauvreté au sein de ce personnel se développe Et peu d’espoir d’être en CDI… Cela préfigure-t-il l’AFPA de demain ?

  • Direction Régionale

Le remplacement de la DCF n’est pas un long fleuve tranquille : un candidat interne validé a finalement été refusé pour laisser la place ? Mais à qui ??? Autre exilé des instances régionales, cadre en détachement, les suppositions vont bon train !

  • Marseille la Treille

Notre collègue carreleur vient d’accepter un départ en rupture conventionnelle. Sa section ne se remplissait plus alors que ses derniers stagiaires avaient tous trouvé un emploi à l’issue de la formation. Sentiment d’être mis au pilori, arrêt maladie, proposition de reconversion dans lequel il ne se retrouvait pas….

Malaise au centre… Encore un formateur qui « pète les plombs, son état générant une forte inquiétude de ses collègues. Motif : n’a pas pu assumer son rôle de tuteur du formateur CDD en difficulté, ni celui d’agent administratif noyé sous la Qualité et autre tracasserie, en plus de son groupe de stagiaires…. C’est la goutte d’eau… Après l’absence de matériel pour travailler, un management qui fait la sourde oreille, de plus en plus de tâches qui ne relèvent pas du métier de formateur, des congés bousculés en fonction d’impératifs non anticipé… chacun(ne) s’y retrouvera.

Le harcèlement moral : mode d’emploi.

Ce type de comportement n’est pas nouveau dans l’univers du travail. Il a toujours trouvé dans le système hiérarchique, une propension à exister en toute quiétude.

Aujourd’hui, dans nos organisations déficientes avec la disparition des collectifs de travail, les harceleurs ont toutes latitudes pour agir.

La victime de harcèlement moral subit une véritable destruction mettant en danger sa santé tant psychique que physique.

Le procédé est simple : il s’agit d’un comportement abusif d’une ou d’un groupe de personnes vers une tierce personne à travers des paroles, des attitudes, des gestes qui dégradent les conditions de travail, laissant la victime dans une situation de désespérance pouvant conduire aux actes les plus extrêmes.

Le harcèlement moral peut se classer en différentes catégories :

  • Celui de l’institution, qui consiste à maintenir les salariés dans un état de peur permanent par une gestion violente et destructive, faisant partie d’une stratégie d’entreprise. C’est une politique globale purement institutionnelle, du type France Telecom,
  • Celui purement professionnel qui consiste à isoler un individu, préalablement désigné, dans le but de le pousser à quitter l’entreprise et d’éviter ainsi des procédures de licenciement longues et onéreuses…. L’AFPA de demain ???
  • Et enfin, le pire, le harcèlement individuel, violence purement gratuite…. Détruire l’autre pour exister.

Peut-on penser que le harcèlement d’un supérieur existe sans la validation de l’ensemble des dirigeants de l’entreprise ? On peut en douter.

Où se situe la barrière entre des raisons impérieuses, directives répétées nécessaires au bon fonctionnement d’un service, d’une entreprise et des exigences sans fondement répondant uniquement à des interprétations d’un responsable en mal de reconnaissance ?

Il faut aussi se rappeler que le harceleur moral n’est pas forcément hiérarchique. Il peut s’agir simplement d’un collègue qui veut éliminer un rival, qui a besoin d’un bouc émissaire, ou qui veut juste exister auprès des autres. La violence au travail peut exister à tous les niveaux. Elle va se développer au travers de remarques, de plaisanteries, de blagues douteuses, de petites humiliations quotidiennes justifiées par de la dérision…. « C’était pour rire…. ».

Evoquons le cas du harceleur individuel dans sa plus belle représentation, le pervers narcissique.

Le pervers narcissique se caractérise par sa propension à se faire aimer et apprécier par tous. Il est tout d’abord avenant et prévoyant. Il s’immisce dans votre relationnel, provoque les confidences, jusqu’à prendre l’ascendant sur l’autre puis entreprend méthodiquement de le détruire. Le harceleur pervers narcissique aime détruire pour se sentir exister.

Il use et abuse des petites phrases assassines, dévalorise le travail accompli, s’approprie les actions de sa victime, l’humilie en public, lui confie des taches qui n’ont rien à voir avec ses compétences, l’isole en l’excluant du travail de groupe et/ou des réunions de service….. Si en plus, sa victime a subi une douleur personnelle importante (décès, maladie….) alors, c’est l’extase absolue… la vampirisation parfaite…

Le pervers narcissique est un créateur de burn-out (saturation, épuisement) ou de bore out (trouble psychologique engendré par le manque de travail, l’ennui).

Heureusement, la loi protège les victimes….

Définition du harcèlement moral donné par le code du travail : Article L1152-1 Aucun salarié ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation de ses conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d’altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel.

Et condamnent les harceleurs

Le harcèlement moral est puni d’une sanction disciplinaire et d’une sanction pénale. Article L1152-5 du Code du Travail Tout salarié ayant procédé à des agissements de harcèlement moral est passible d’une sanction disciplinaire. Article 222-33-2 du Code Pénal « Le fait de harceler autrui par des propos ou comportements répétés ayant pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d’altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel, est puni de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 € d’amende. »

Pour tous ceux et celles qui sont témoins de harcèlement, le code du travail prévoit aussi leur protection, leur évitant leur licenciement.

EPIC : Ordonnance V2

Dans la 2ème version de l’ordonnance qui va créer un EPIC d’Etat, nous assistons à la suppression pure et simple de la 5ème mission qui devait lui être confiée : « Participer à la formation et la qualification des personnes en vue de leur insertion et de leur accompagnement vers et dans l’emploi ».

Autrement dit la formation professionnelle qualifiante des DE ne fait plus partie des missions de service public confiées jusqu’alors à l’AFPA, elle est considérée comme une activité totalement concurrentielle, au même titre que la formation des salariés et la certification pour d’autres ministères que celui de l’emploi.

Elle devient une activité complémentaire aux missions de service public, ce qui laisse envisager un désengagement de l’Etat au profit des Régions, avec une répartition entre les Régions qui ne sera pas forcément favorable à PACA.

Les missions de service public ne sont plus que 4 :

  • La certification pour le compte du ministère de l’emploi, ce qui correspond à l’actuel PASP (Programme d’actions de service public) avec un budget en légère augmentation.  Le PASP correspond aujourd’hui à moins de 20% des recettes de l’AFPA,
  • La prospective didactique, terme on ne peut plus fumeux qui pourrait signifier : réduire au minimum les durées de formation en présentiel, accroître la flexibilité et la polyvalence des formateurs, réduire les charges de fonctionnement par simulateur et autres « serious game »,
  • L’appui au Conseil Evolution Professionnelle, lire saturation du dispositif et multiplication des saisies dans les systèmes extranet (KAIROS, MAGELLAN…), toujours plus de charges administratives avec moins de personnel d’appui,
  • La formation et la qualification des personnes les plus éloignées de l’emploi et la contribution à leur insertion sociale et professionnelle : de quels publics parle-t-on (Jeunes, publics spécifiques,…) ? S’agit-il d’un accès au Titre professionnel ou de validation partielle (blocs de compétence) ? Quels sont les moyens consacrés à l’accompagnement à l’emploi ?

Devant, tant d’incertitudes, les OS ont saisi le Gouvernement et demandent un engagement plus fort de l’Etat afin de pérenniser le développement et les activités de l’EPIC, et plus précisément en réintroduisant la formation et la qualification des demandeurs d’emploi dans sa mission principale.

Conditions de travail

La coordination des CHST (IC CHSCT) réunie en séance plénière mardi 18 octobre à Montreuil à donner un avis défavorable à la création de l’EPIC.

Elle a remercié le cabinet d’expertise ISAST pour l’aide apportée à la réalisation d’un audit réalisé dans un temps très court en période de vacances d’été. Nous pouvons aussi remercier l’ensemble des élu(e)s des CHSCT qui se sont mobilisé(es) ainsi que les salarié(es) de l’AFPA qui ont pris le temps de répondre au questionnaire sur leurs conditions de travail.

Cette enquête a permis d’avoir une vision large, autant professionnelle que géographique, des problématiques posées.

Consultées lors du CCE du 26 octobre sur la création de l’EPIC, les organisations syndicales représentatives ont donné un avis défavorable sur la situation financière. A la suite, elles ont voté un droit d’alerte motivé, entre autres, par les risques majeurs pour l’AFPA, son fonctionnement, ses missions, son personnel, son avenir, et en raison de ses graves difficultés de trésorerie récurrentes et du manque d’activité présent et à venir.

Avis négatif sur le projet qui ne comporte aucun élément de développement de l’activité et continue la politique de suppression des emplois (300 CDI par an jusqu’en 2020) et l’emploi massif de personnel précaire pour le peu d’embauche à venir.