Déclaration des membres du CRE AFPA Picardie

Monsieur le Président,
L’embauche de plus d’une quinzaine de salariés en CDD pour le dispositif IEJ vient à l’encontre de tous les discours entendus dernièrement concernant les salariés en CDI en sous activité, voire sans activité.
Pourquoi ne pas avoir proposé à ces salariés en manque d’activité d’intégrer ce dispositif ? Ou plus simplement, pourquoi les avoir exclus d’emblée ?
L’AFPA ne devrait-elle pas privilégier une approche à moyen et long terme auprès de ses salariés et leur proposer une mobilité professionnelle ?
Dans l’esprit du législateur, la GPEC, telle que définie dans le Code du Travail, incite l’employeur à anticiper, à préparer ses salariés aux changements technologiques et économiques et de les former, de les orienter en conséquence. Pourquoi vouloir fermer toutes les opportunités à ces salariés ?
Ces faits sont la meilleure illustration du blocage de l’ascenseur social à l’AFPA évoqué à plusieurs reprises par les membres du CRE dans cette instance.

Concernant la sous activité, M. le président, vous avez déclaré que « (…) la direction générale souhaite clarifier ce concept, pour pouvoir organiser de façon plus équitable cette question, afin de rentrer dans une démarche d’approche du sujet, au lieu de donner à chaque région et à chaque centre la responsabilité de le traiter (…) », pourquoi avez-vous pris la décision de laisser des salariés en CDI dans l’ignorance de ce recrutement ?
Dans le cadre de la responsabilité sociale de l’entreprise et du management, il aurait été plus opportun de solliciter les ressources internes mobilisables à l’instar de « prépa compétences ».
Avec les soucis financiers actuels de l’AFPA, comment la prise en compte de 16 salaires supplémentaires est-elle possible sans que le directeur régional ne se pose la question de la pertinence de ces embauches au détriment d’autres salariés en CDI laissés pour compte ?
Selon vos propos, M. le Président, « l’AFPA perd 150 millions €/an », et vous aviez complété cette phrase par « l’Etat souhaite investir dans l’AFPA si et seulement si, elle assure son équilibre économique ». Comment pensez-vous résoudre cette équation face à une telle gabegie ?
La mise en place de la plateforme d’activité début septembre ne serait-elle qu’une nouvelle mascarade justifiant l’absence de volonté de la direction de fournir de l’activité au personnel ?
Et que dire de votre plan QVT/RPS quand nos collègues vont avoir connaissance de ces recrutements et qu’ils vont comprendre qu’ils ont été oubliés ou placardisés ? Quelle confiance pourront-ils encore accorder à ce management nuisible et méprisant ?
Les membres du CRE, lassés de l’incohérence des discours entendus dans l’instance, se demandent même s’il n’y a pas une intention de nuire à la santé de leurs collègues ?
L’accusation est grave, certes, mais elle est à la hauteur de notre écoeurement.