CRE AFPA Languedoc Roussillon Analyses SUD FPA du CRE de juin 2019

~ Suite au déficit annoncé, quelles conséquences sur le personnel ?~

DR : « L’année sera compliquée ! Nous avions prévu 56 millions d’euros de chiffre d’affaires pour 2019 et nous n’en ferons que 53. Il faut rajouter 1 millions d’euros de frais de fonctionnement supplémentaire par rapports aux prévisions. De plus, les directeurs de centre me font remonter un besoin de 30 ETP que le national nous refusera sans doute. »

Voici le détail de l’annonce :

  1. Prépa-compétences ne devrait amener que 1,5 au lieu de 3 millions (formation très proche de « Projet Pro »).
  2. La réforme du CIF remplacé par le « CPF Transition » déstabilise complètement ce marché.
  3. Les frais de fonctionnement augmentent de 1 millions d’euros :
    1. Energie (gaz, élec.) plus 350 milles euros
    1. Achats pour les formations « Eloce » qui étaient prévues en investissement qui seront finalement budgétisés en fonctionnement (imposé par la T9).
    1. Impôts locaux « actualisés » qui augmentent de 350 milles euros.

DR : « Pour remédier à cette situation nous ciblons 4 axes :

  • Négocier avec le Conseil Régional pour des commandes de 12 stagiaires plutôt que 10 pour compenser avec le CFP Transition difficilement mobilisable.
    • Retravailler le « taux de saturation » qui est en baisse de 10%. Le DR souligne que cette baisse serait due à un manque de mobilisation des formateurs, managers, directeurs qui n’auraient pas pris le relais en l’absence de la chargée de Com et du Manager de la plateforme. (Trop facile alors que c’est la défaillance du management vertical cumulé au non remplacement des salariés en arrêt !!!)
  • Faire en sorte que les directions locales fassent leur travail pour dynamiser Prépa-compétences, seul Rivesaltes a de bons résultats.
  • Il faut « booster » l’offre liée aux financements individuels. Nous attendons beaucoup des applications sur smartphone pour le CPF.

Encore plus choquant : le DR « C’est quand on met le personnel sous contrainte,qu’il trouve des solutions !!!!!!!!!!!! »

  • SUD : Ben voilà ! Cette phrase spontanée permet de savoir à quoi s’attendre : la pression par une culpabilisation des salariés, doublée d’une demande de toujours plus de productivité (10%).

~ La Formation professionnelle intéresse-t-elle encore les stagiaires ? ~

DR : L’Afpa constate que les nombreuses applications et procédures pour faciliter le recrutement ne fonctionnent pas correctement (Kairos, Afpa.fr, info col, affichage etc…). Il est de plus en plus dur de trouver des stagiaires même quand on a la commande !!!!

  • SUD : Plusieurs dérives expliquent cette réalité :
    • les emplois sont de plus en plus mal payés, pour des raisons externes à l’Afpa. Par contre d’avoir privilégié systématiquement les compétences au détriment des métiers, ont participé à la déqualification.
    • Toutes les durées de formation ont été systématiquement réduites.
    • On ne permet plus aux stagiaires de profiter de leurs aptitudes, de leurs prérequis pour « optimiser » leur formation, il faut désormais « remplir,  saturer », peu importe de ce qu’il se passera ensuite !
    • A force d’avoir systématiquement cherché à distendre, détruire la relation stagiaire-formateur par des entrées décalées, le « e-learning », des groupes de stagiaires non hétéroclites au nom de la modernité en pensant faire de l’argent, on  a fini par tuer la poule aux œufs d’or.

Les stagiaires s’y retrouvent de moins en moins. Sur leurs sites où les prestations de l’Afpa sont évaluées, les commentaires sont sans appels:

  • Indisponibilité du formateur coincé sur l’ordinateur ou avec un autre groupe.
  • Ressources impersonnelles, informatisées, non actualisées.
  • Trop de changement de formateurs (turn-over).
  •  SUD : La pédagogie à distance et dématérialisée ne remplacera jamais un enseignement basé sur la relation humaine, c’est le besoin de notre public spécifique. Ne pas répondre à ce besoin est une grave erreur. Nous avons toujours dit, que le travail mal fait n’est pas acceptable pour un acheteur et encore moins pour soi. On nous rétorque encore qu’il faut « sortir de sa zone de confort et accepter le changement ». On voit maintenant le résultat, d’autant plus que nos dirigeants se sont attachés à convaincre les financeurs du bien-fondé de leurs choix d’inspiration financière : produire en nombre à pas cher. En conséquence, les organismes concurrents font du copier-coller et toute l’activité de formation se dégrade très rapidement.

Personne n’est dupe, c’est l’effet « boumerang » que nous subissons, d’avoir privilégié les comptes de l’Afpa au détriment de la qualité du travail rendu, nous a fait perdre notre propre reconnaissance du travail bien fait, celle des stagiaires et celle des financeurs.

Au final, tout le monde est insatisfait et se détourne de la formation mal faite. L’Afpa référence à son heure a perdu tout éclat. Il est très difficile aujourd’hui, pour un formateur de transmettre avec passion son métier, il doit aujourd’hui se contenter de faire le « Job » avec les conséquences que cela entraine sur le plan psychologique (voir le rapport Progexa)

Ce n’est pas faute de l’avoir dit sur tous les tons, la direction écoute mais n’entend pas. Elle est accompagnée par certains syndicats qui au nom du « réalisme » renient les valeurs qui permettent le travail correct.

Le site : sudfpa.net 01 48 70 51 68.

Votre contact en région : 06 42 90 09 47.