Bilan d’une première année du dispositif Prépa Compétences…

Lors du CCE du 4 et 5 septembre, un point de l’ordre du jour était réservé à Prépa Compétences  avec l’intervention de M. Denis Lullier, “ M.Prépa Compétences au siège”  . Cela a été l’occasion pour SUD FPA de faire un point sur ce dispositif du point de vue des bénéficiaires mais aussi de ceux qui le mettent  en œuvre.” s

1/ Nous attestons, suite aux différentes interventions au CCE, que, certes, il faut un dispositif en amont des dispositifs de formation professionnelle qualifiante, qui relève de l’orientation personnelle et professionnelle, que cela correspond à un « besoin social » sur tous les territoires et que cela contribue aussi à l’équilibre économique de l’AFPA…

2/ Toutefois, ce nouveau dispositif, Prépa Compétences, tel qu’il nous est « procéduré », pose problème du point de vue méthodologique, ce que nous avons déjà exprimé. Malgré les 96 % de « satisfaction globale » affichés des bénéficiaires, qu’on peut comprendre dans un contexte où toutes ces dernières années, les publics entrant dans ce dispositif étaient « oubliés » – ce chiffre traduisant particulièrement une reconnaissance des « invisibles ».

– Sur le fond, la conception de l’orientation personnelle et professionnelle, pour les « personnes éloignées/très éloignées de l’emploi », en termes d’« entraînement », nous interroge : est-ce que cela fait sens d’« entraîner » les personnes quelques jours sur le « numérique » ou encore dans un « atelier de remise à niveau » ? Il serait utile de comparer alors Prépa Compétences avec nos historiques dispositifs préparatoires dont les durées étaient de 3-4 mois et plus à plein temps, ou encore avec les chantiers école/chantiers d’insertion, ou même avec les ex-services d’orientation professionnelle de l’AFPA qui avaient un taux d’entrée en formation à 3 mois supérieur à Prépa Compétences…

Sur la forme, une prescription rigide d’un déroulement d’ateliers sur plusieurs semaines, pour des publics en difficulté, souvent éloignés du centre, non rémunérés, n’est pas facilitante. A contrario, force est de constater qu’une prescription « souple » semble assurer un flux hebdomadaire relativement régulier des personnes…

3/ Mais le point sur lequel nous voulons insister, c’est celui du point de vue des professionnels de l’AFPA, celui du travail, du contenu du travail, de la qualité du travail, de l’organisation du travail, des conditions de travail, de la charge de travail. Nous voulons témoigner que des collègues dont l’emploi, la qualification et les compétences sont éloignés de leur fonction sur Prépa Compétences sont en souffrance. Une souffrance qui ne s’exprime pas forcément par une plainte dans la mesure où ces collègues, qui étaient pour beaucoup en « sous activité », ont eu l’opportunité ou la contrainte de cette évolution. On aurait pu penser il y a un an que l’éloignement se traduirait par une demande de formation conséquente, or ce n’est pas le cas du tout (856 intervenants sur Prépa Compétences pour 1370 jours de formation, la plupart ne suivant qu’une journée de formation). Par exemple, ce qui pose problème sur le terrain, c’est qu’un certain nombre d’intervenants/référents n’ont pas été formés et ne savent pas forcément mener des entretiens dans une perspective d’orientation ou n’ont pas été formés et ne savent pas forcément rédiger des comptes rendus pour les prescripteurs. Au final, ce sont ceux qui savent déjà faire ou dont c’était déjà la fonction qui peuvent se trouver en surcharge de travail par transfert…

Une nouvelle fois, la question de l’organisation et des conditions du travail sur le terrain est posée et si l’on interrogeait les professionnels chargés de mettre en œuvre Prépa Compétences, il n’est pas sûr que, du point de vue du travail, nous aurions un taux de satisfaction annoncé aussi fort que pour les bénéficiaires.