L’AFPA paierait-t-elle la plateforme numérique AFPA Talents avec les informations et les droits des salariés ?

La directrice générale vient d’informer les salariés de la disponibilité de la plateforme AFPA Talents (courriel du 16/09/2019) en ces termes : « notre nouvelle plateforme digitale dédiée à la gestion de la mobilité et des compétences. Chaque salarié recevra dans la journée un mail l’invitant à se connecter à la plateforme avec un guide de connexion et une vidéo de présentation de l’outil. Pour faciliter la prise en main d’AfpaTalents, DRHR, CDP, consultants de l’EIC et une communauté d’ambassadeurs seront en appui des équipes. »

Pour une fois la promesse fut tenue : deux heures plus tard, chaque salarié recevait un courriel : « AfpaTalents, votre nouvelle plateforme digitale » décrivant le contenu de la plateforme et indiquant la procédure pour s’y connecter.

Tant la dg que les responsables de la plateforme parlent d’un outil qui appartiendrait à l’AFPA et à ses salariés. La dg parle de « notre » plateforme et les responsables de « votre » plateforme.

Or force est de constater qu’il n’en est rien ! Cette plateforme appartient à la société Neobrain et pour s’y connecter, il faut d’abord accepter les CGU (Conditions Générales d’Utilisation), ce que l’AFPA oublie de préciser dans son mode d’emploi.

La lecture des CGU est consternante : « les salariés acceptent entre autres que Neobrain puisse mettre leur CV à la disposition de toutes les entreprises que Neobrain juge susceptibles d’être intéressées par votre profil,…vous autorisez Neobrain à traiter et analyser votre candidature et les réponses que vous envoie l’employeur….L’employeur accepte que Neobrain écoute et analyse l’enregistrement…Neobrain enregistre les résultats des tests d’évaluation des compétences et de la personnalité… »

Le pire se trouve au paragraphe 10 : « à titre de contrepartie partielle pour votre utilisation du site…vous (que vous soyez un employeur, un candidat, un consultant ou un cabinet) vous engagez à ne pas poursuivre Neobrain en tant que plaignant …dans le cadre d’un recours collectif…En outre en tant que candidat votre utilisation du site est gratuite et vous reconnaissez qu’une partie de votre paiement pour l’utilisation du site réside dans votre acceptation des présentes conditions d’utilisation, notamment la clause de non-recours collectif… ».

Si cette condition d’acceptation des CGU n’était pas retirée, cela voudrait dire que les salariés doivent payer pour utiliser un outil de l’employeur. Comment ? En monnayant leurs informations confidentielles, censées être protégées, et en renonçant à leurs droits ! Bref un double scandale…un petit chef d’œuvre de cynisme néolibéral !

La relation commerciale avec Neobrain ne regarde que l’AFPA et non ses salariés. Les salariés ne sont pas les clients de Neobrain !

SUD FPA demande donc aux salariés de ne pas utiliser la plateforme tant qu’ils devront accepter des CGU quelles qu’elles soient.

La direction de l’AFPA doit supprimer cette condition d’acceptation des CGU et garantir aux salariés que les informations qu’ils déposeront sur la plateforme sont destinées au seul usage de l’AFPA et qu’elles sont protégées de toute intrusion ou cession.

Si tel ne devait pas être le cas, SUD FPA se verrait dans l’obligation de devenir « l’ambassadeur » des salariés auprès de la CNIL et/ou des tribunaux.