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Communiqué de SUD FPA aux salariés de l’AFPA

L’analyse par SUD FPA de la situation de l’AFPA : Pas de quoi dire Bercy beaucoup ! 

La situation actuelle en 3 points cruciaux :

1 Une situation de trésorerie (ce qui reste dans le porte-monnaie une fois payées les dépenses courantes) très délicate, dixit le directeur financier lui-même : fin décembre il va manquer 48 millions d’€uros au minimum (l’enveloppe mensuelle des salaires est de 40 millions d’euros !) l’État1, qui a déjà versé une grande partie de ce qu’il devait verser au titre des missions de service public (DIFQ, certification)… et se refuse – pour l’instant – à verser plus… malgré la garantie induite par le statut d’EPIC (un EPIC dispose de la garantie illimitée de l’État) ! La direction générale essaie de cacher aux instances du personnel (CCE) les mesures qu’elle décide en catimini, telles qu’une réduction arbitraire des dépenses courantes (achats, frais de déplacement) et un contrôle national de toutes les embauches.

Par exemple chez les électriciens de Stains, il devient impossible de passer une commande de consommables, il faut justifier du moindre fusible commandé, du moindre achat d’interrupteur va-et-vient. « Il faut responsabiliser les stagiaires » a dit le MF.

Plus globalement, en Ile de France, 8 ans après que l’État ait transféré la compétence au conseil régional, le CRIF ne passe plus que 26 M€ de commandes à l’AFPA alors qu’il continue de percevoir, année après année, plus du double (les crédits décentralisés de l’AFPA en IdF étaient de 55 M€ en 2009. Ils continuent d’être versés majorés du taux de l’inflation)…et bien d’autres régions sont à la même enseigne…

 

Il faut dire que le plan 500 000 nous aura coûté plus qu’il nous aura rapporté et que par ailleurs la masse salariale des hiérarchiques n’a pas baissé et a même augmenté en 2016 (voir plus loin).

2 Les négociations difficiles avec l’État nous laissent supposer que le gouvernement actuel n’est pas enclin à respecter ses engagements vis-à-vis de la structure EPIC AFPA et la garantie illimitée de l’État ne semble pas aussi automatique que nous l’avait annoncé le président Barou par ailleurs bien peu visible…

La création des filiales n’a pas été finalisée :

● les apports financiers de l’EPIC aux filiales ne sont pas déterminés, du fait que l’État refuse la répartition analytique des recettes et des dépenses entre EPIC et filiales, telle que la direction générale l’a proposée,

● l’État ne semble pas d’accord avec la liste des emplois qui seront basculés dans les filiales, d’où la remise en cause des filiales

Quoi qu’il en soit, le personnel ne sait pas dans quelle entité il va se retrouver après le 1er janvier… ni comment vont s’articuler opérationnellement les filiales et l’EPIC entre elles…

 

À SUD, la disparition des filiales ne nous chagrine pas, c’est plutôt leur maintien qui nous inquiète : d’une part, c’est un moyen de morcellement de l’AFPA « une et indivisible », mis en œuvre de manière homéopathique, d’autre part, tout laisse à penser que la partie « formation » sera mise en filiale. Ne resteront dans l’EPIC que l’immobilier, la certification , la politique du titre , et bien sûr les chefs ! et ce qui nous incite à penser cela, c’est que l’État refuse que les pertes soient supportées par l’EPIC seul….

3 Un plan stratégique national (pour les 3 ans à venir) toujours inconnu, dont un projet devait être présenté au conseil d’administration du 26 septembre mais qui ne l’a pas été “faute de temps” ( ! ?). Il serait :

• soit la déclinaison « régionale » de la vision de la directrice générale de ce que l’AFPA devrait être : un retour vers les pratiques du passé, mais sans les moyens et avec de bonnes doses d’économies et de concepts fumeux sans aucune praticité de terrain,

• soit le résultat de l’agrégation des plans stratégiques régionaux (PSR), eux-mêmes pas encore finalisés et dépendant de situations bien différentes d’une région à l’autre. Plus personne n’arrive à suivre tant la situation est confuse !

On notera cependant une constante dans ces PSR : l’étude systématique de la réduction du nombre de Centres de formation – sans que rien ne soit dit sur le devenir des salariés – et au mieux la vente de parcelles et/ou de bâtiments. Et surtout des choix de fermetures de plateaux techniques sans aucune vision de l’avenir de la formation professionnelle malgré des annonces gouvernementales dont on ignore le détail.

 

En résumé, pas de vision à moyen ni à long terme de l’avenir de l’AFPA, mais des

difficultés à court terme très prégnantes. C’est le cocktail explosif.

 

L’EPIC nous avait été présenté comme une “assurance – avenir” pour L’AFPA. S’il y a bien au moins une chose organisée, c’est ce mensonge du Président BAROU qui nous affirmait « Champagne ! Nous sommes sauvés par l’EPIC ». Le présent montre bien que ce montage juridique n’a pour seule vertu que de donner la possibilité à l’État de nous sortir du monde de la formation professionnelle.

L’ordonnance constitutive de cet EPIC le dit bien, la « formation des personnes en recherche d’emploi » n’entre plus dans les missions de service public de l’AFPA, elle sera assurée par les filiales. Les orientations stratégiques à venir le confirmeront malgré le déguisement qui les habillera.

En aucun cas les 110 millions d’€uros versés par l’État à l’AFPA ne couvriront les besoins d’une formation professionnelle de qualité.

 

L’État et notre direction générale : mais que font ils ? que veulent ils faire de l’AFPA ?

 

L’État remet en cause l’AFPA dans sa forme actuelle et exige (sans doute) de la direction générale un plan drastique en échange d’une aide financière. Nous sommes aujourd’hui en droit de craindre une nouvelle réduction des effectifs(sachant que l’objectif de réduction des emplois CDI prévue pour l’année 2017 était déjà quasiment atteint en juin), et une cession immobilière partielle (centres, terrains). C’est d’ailleurs dans ce sens que sont menées des études centre à l’équilibre/centre en déficit. On remarquera à ce propos qu’il n’est jamais question d’un « centre excédentaire », tout l’excédent étant vampirisé par les frais de structure…

L’État et la direction s’obstinent à aller dans le sens d’une réduction des charges alors que c’est précisément cette politique, suivie depuis de trop nombreuses années, qui nous a entraîné dans la situation présente : des plateaux plus aux normes, des formateurs précaires en grand nombre, mal préparés et vite découragés, des assistantes techniques qui n’en peuvent plus de remplir la paperasse que personne ne lit, des cuisiniers et animateurs de vie collective accusés d’être responsables du déficit 2, des formations raccourcies et qui ne préparent plus à un vrai métier.

 

La directrice générale de l’AFPA travaille depuis des mois à son projet « AFPA 2020 » tout en sachant depuis avril que les temps allaient être difficiles en fin d’année…qu’importe….Son projet, elle en a fait une présentation très “langue de bois” au CCE du 27 septembre : de grands concepts génériques, une vision théorique(accompagnement de bout en bout des publics les plus éloignés de l’emploi, nouvelles modalités pédagogiques, facturation forfaitaire liée à la réussite du parcours, etc) mais sans rien dire du comment, avec quels moyens et sans parler des métiers….Son maître mot c’est ‘vendre’.

 

On a cru comprendre que les plans régionaux préparés par les directeurs régionaux cet été devaient aller dans ce sens….Cela dit, l’annonce d’un nouveau plan gouvernemental pour la formation des demandeurs d’emploi d’une part et …les désidératas de nos financeurs – bien différents d’une région à l’autre – rendent bien fragiles toutes ces perspectives….

 

En région Grand Est , dans sa communication, la direction régionale s’interroge par exemple sur le « Comment sortir du « tout formation », pour devenir un opérateur de l’accompagnement de la sécurisation des parcours professionnel » . Elle précise que pour cela les centres recevront l’appui imminent de 2 à 3 jeunes par centres, en service civique, sans formation ni prérequis.

 

Ce qui accroît encore plus la confusion et nous démontre une fois de plus la méconnaissance de la direction au sujet des qualifications et compétences nécessaires aux métiers exercés à l’AFPA puisque tout le monde peut tout faire selon cette stratégie.

En AURA (Auvergne Rhône Alpes) le directeur régional en est plutôt au stade de faire des choix (définitifs) de fermeture de plateaux techniques pour faire des pôles uniques par spécialité pour la grande région….Pas vraiment ce qu’on appelle du développement !

 

Notre vision en 4 points de ce qu’il faut pour que l’AFPA soit ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être : un service public au service des demandeurs d’emploi.

1 L’État doit réaffirmer l’AFPA comme organisme d’État de la formation professionnelle et la financer dans ce sens

Il faut sortir l’AFPA du champ concurrentiel mortifère : l’avenir professionnel des chômeurs n’est pas une marchandise. Il faut une réaffirmation de l’AFPA dans ce qu’elle apporte à la société, aux entreprises aussi bien du bâtiment, de l’industrie que du tertiaire, aux privés d’emploi et aux personnes en recherche d’une meilleure situation (socio) professionnelle par l’acquisition d’un métier dans sa globalité, seule véritable garantie d’une reconnaissance professionnelle et salariale.

D’autant que, contrairement à ce qui nous a été servi depuis de nombreuses années,l’UE n’interdit pas aux États de subventionner leur service public de formation des chômeurs.

 

2 L’État doit réaffirmer l’impérative nécessité de formations qualifiantes, par des organismes de formation dignes de ce nom. Il est urgent de faire le ménage parmi les margoulins de la formation professionnelle (dont les clubs de foot reconnus comme organismes de formation). Dans cette perspective, il faut pour l’AFPA un vrai “plan Marshall” d’équipement des plateaux techniques et de remise en conformité de nos locaux, permettant de repartir sur des bases solides, pour un travail de qualité conduisant à des formations de qualité. Ce n’est qu’à ce prix que les salariés retrouveront un sens à leur travail et qu’enfin il deviendra possible d’agir contre la souffrance au travail (Risques Psycho-sociaux et Troubles Psycho-Sociaux) 3.

 

3 L’AFPA doit proposer un vrai service d’accompagnement des stagiaires, de l’orientation à la qualification, avec les métiers et les emplois qui vont avec, comme elle savait le faire il y a encore 7 ans ! Pour cela, ce n’est pas de restrictions dont elle a besoin mais de moyens supplémentaires : remettre des psychologues du travail au contact du public pour une vraie orientation, des assistants de vie collective, des permanents aux hébergements, chargés d’un vrai suivi. Parce que c’est la base même de tout apprentissage, le pré-requis incontournable : on n’est dans de bonnes conditions d’apprentissage que lorsqu’on sait où on va dormir, si on va pouvoir manger ainsi que sa famille, si on est dans la bonne formation, avec des bonnes chances d’accéder au métier reconnu par le titre.

 

4 Il faut un rééquilibrage de la structure interne de l’AFPA et des procédures internes plus intelligentes :

• Moins de chefs, plus de « producteurs » : nous ne sommes plus que 6 400 CDI mais toujours autant de classe 13 et + que lorsque nous étions 9 000. Nous avions ainsi au 31 décembre 2016 pas moins de 869 emplois de managers opérationnels…(voir ci-dessous la composition type d’un centre

AFPA) et on cherche encore où faire des économies ? Si l’effectif du management avait baissé dans la même proportion que l’ensemble des CDI on aurait économisé 20 millions sur la masse salariale !

• Mettre en place des systèmes supports efficaces et non redondants, pas les usines à gaz actuelles comme GESPLAN/GESPER/SIHA/ CIRC,…

• Arrêter les politiques d’achats nationaux qui nous coupent de nos contacts locaux et finalement coûtent plus chers !

• Redonner aux centres la possibilité d’être joints directement par téléphone! en finir avec les plateformes téléphoniques et remettre des accueils dignes de ce nom dans chaque centre !

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1 Chaque fois que nous parlerons de l’État, il s’agira soit du (des) Gouvernement(s), soit du financeur, soit des 9 représentants du collège État au conseil d’administration de l’AFPA qui, avec leurs 2 voix chacun, disposent de la majorité décisionnelle.

 

 

 

2 La directrice générale a osé dire que l’hébergement et la restauration représentaient 40 M€ de pertes sur les 80M€ de pertes globales, alors que c’est la compta analytique qui affecte une part non négligeable des “Frais de structure” – dont son salaire -, sur le coût de chaque repas.

 

 

 

3 le taux d’absentéisme des salariés de l’AFPA est à 7,1% du nombre total des jours de contrat (4,55% en moyenne pour les salariés français) – dont 85% pour cause de maladie – soit un surcoût annuel global pour l’AFPA de 30 millions d’euros….Ne vaudrait-il pas mieux travailler sur ce sur-absentéisme dans une AFPA où le mal être des salariés a été largement repéré et dénoncé (rapport ISAST, Instance de coordination des CHSCT, … )?

 

6 octobre 2017 10:02 Publié par