Déclaration SUD FPA au CCE AFPA des 16 et 17 12 2015

Déclaration de SUD FPA au CCE AFPA 16 et 17 Décembre 2015 après la harangue du Président de l’AFPA, Yves Barou

La dégringolade de l’AFPA continue. Les chiffres à Octobre 2015 le confirment. 574 Millions € de réalisés qui projetés à fin décembre 2015 établissent le Chiffre d’affaires en dessous de 700 Millions €, avec une perte de 150 Millions €. Sur l’année, une chute d’activité de 8 % , une chute du nombre de stagiaires de 7 %, une chute du nombre d’HTS de 8,3 %.

Or cette baisse est surtout due aux Conseils Régionaux, quel que soit le mode d’achat appel d’offres,SIEG ou subvention, puis aux CSP.

C’est notre principal client qui lâche et le client qui achète le plus grand nombre d’heures de formation qualifiante pour adultes.

Quand on calcule le rapport entre les volumes et les valeurs par grandes catégories de financeurs, on constate que les collectivités locales paient 10,85 par HTS toutes prestations confondues alors qu’il y a quelques années elles payaient la seule heure de formation 9,82 €. Les OPCA paient 10,05 par HTS mais la seule prestation achetée est la formation.

Que va-t-‘il se passer demain avec le changement de majorité politique et la fusion des régions ? Des situations semblables à celles des Pays de la Loire sont à prévoir. Et les prix de vente vont également continuer à baisser.

Les effectifs continuent de se réduire. l’AFPA compte à fin octobre 7 136 ETP en CDI, soit 360 de moins qu’en octobre 2014.

Mais l’AFPA paie 1.2 Millions € par mois de charges financières, l’équivalent des salaires de 200 personnes !

Mais l’AFPA paie 1 000 hiérarchiques, 100 Millions par an.

Prise en tenaille par les volumes et par les prix de vente, iI faudra bien que l’AFPA réfléchisse enfin à son modèle de production. En exploitant le personnel de production elle a pu faire illusion et pendant longtemps entretenir cette hiérarchie coûteuse. Pour quelle valeur ajoutée ?

Les résultats de l’utilité sociale sont tout aussi alarmants.

En une année, la part des demandeurs d’emploi dans le nombre de stagiaires baisse en dessous de 60 %. La part des femmes est passée de 29 % à 26 %..les parts des handicapés et des jeunes de -26 ans elles aussi ont baissé ; il n’y a que la part des seniors en augmentation qui permet de remplir les objectifs de nos missions de service public, s’occuper des demandeurs d’emplois les plus éloignés de l’emploi…Quant au taux de retour à l’emploi il n’est pas déterminé depuis 2014 !

L’AFPA n’est donc pas une entreprise performante, et de moins en moins un service public utile !

L’idée que la formation professionnelle des adultes était la mission de l’AFPA et qu’elle devait le rester, cette idée là a disparu.

La preuve, le fourre tout dont va se charger l’EPIC-AFPA pour le compte de l’Etat. Ce fourre tout comprend :

  • Les jeunes décrocheurs

  • L’aménagement du territoire

  • Les formations rares et émergentes, d’ailleurs non financées

  • Les migrants, bien qu’ils ne soient plus à l’ordre du jour, après les attentats mais ils le redeviendront bien un jour et pour lesquels vous n’avez pas eu un mot !

  • Le greenwashing des formations,

  • Les métiers en tension…

  • La mixité et l’égalité professionnelle

  • Et les formations des demandeurs d’emploi. Le 1er ministre vient d’évoquer après le raz de marée électoral un grand plan de formation de demandeurs d’emploi. Vous venez de le confirmer.

    400 000 ? Mais nous avons déjà connu les plans 30 000, 100 000, un plan 150 000 est prévu pour l’an prochain et son financement n’est pas encore bouclé. A chaque fois ces montagnes ont accouché de souris. Qui va financer ces formations ? Au détriment de quoi ? Avec quels stagiaires ? Au détriment de quels autres stagiaires ? Pour quels emplois ?, Au détriment de quels emplois ? Avec ou sans les régions ? Le CPF des demandeurs d’emplois sera-t-il siphonné ? Et les entreprises ? Quelle est leur contribution ? Ce sont pourtant elles qui créent le chômage ! Et au final combien de formations de demandeurs d’emploi pour l’AFPA ?

L’AFPA est mise au service de l’inversion artificielle de la courbe de chômage et d’une ambition politique.

Où tout cela mène-t-il l’AFPA et la formation professionnelle qualifiante ?

Après le rêve, retour à la réalité : SUD FPA réclame un état des lieux réel de l’AFPA. Le personnel doit défendre son outil de travail.

Entre autres questions,

  • comment justifiez vous le nombre de hiérarchiques ?

  • Pourquoi autant d’honoraires ?

  • Que vont devenir les obligations associatives ?

  • Pourquoi les charges financières augmentent-elles autant ? Avec un chiffre d’affaires qui diminue ?

  • Que devient le moratoire des 80 Millions € ?

  • Que deviendront les pertes de l’AFPA lors de la création de l’EPIC ?

Ou en est exactement la modularisation des titres ? Qu’est ce que cette modularisation a apporté à aujourd’hui ? Est-ce la solution pour la qualification des demandeurs d’emploi ? Peut-on le mesurer ?

Où en est la multimodalité ? A t-on mesuré les résultats des expériences ?

 

2ème intervention de SUD FPA en réponse aux brèves du Directeur Général AFPA, Hervé Estampes

Il ne faut pas faire croire qu’un grand plan de formation des demandeurs d’emploi va permettre une baisse durable du chômage.

Va-t-on forcer les demandeurs d’emploi à accepter n’importe quelle formation pour n’importe quel emploi ? Va-t-on formater la main d’œuvre aux desiderata du MEDEF ?

Une formation peut contribuer au retour à l’emploi d’un demandeur d’emploi mais ce qui est vrai pour un chômeur ne l’est pas pour l’ensemble de la population. On change l’ordre dans la file d’attente mais on ne réduit pas le nombre de demandeurs d’emploi.

La baisse du nombre de chômeurs passera par une autre répartition des richesses, par une augmentation des salaires et par la réduction de la durée du travail.

19 décembre 2015 9:52 Publié par